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mercredi 8 août 2012

Faut qu'on Cause(tte) !

Je reviens ici vous parler du magazine Causette et plus généralement de mon rapport aux féministes, au féminisme et à la presse dite féminine.

Causette, je connaissais sans jamais avoir sauté le pas de l'acheter parce que j''ai beau être féministe dans l'âme j'ai énormément de mal à me reconnaître dans les mouvements féministes aujourd'hui et même dans l'expression "féministe" qui me paraît dépassée, connotée négativement et qui ne me correspond pas. La plupart des choses revdendiquées sont valables mais ce sont les moyens mis en oeuvre qui souvent me dérangent.
Et Causette, auto-proclamée magazine féministe ne m'attirait pas plus que ça. Jusqu'à ce que je cède, parce que mine de rien, je lis toujours plus ou moins les articles sur le féminisme, les articles féministes, je suis l'actu à ce sujet, ça m'intrigue, ça me fascine et ça m'emmerde aussi.
Bref, j'ai acheté Causette et j'ai bien aimé.





Les sujets sont intéressants et c'est vrai que l'angle est nouveau, bien moins racoleur que Grazia Glamour & co. Ca parle de plein de choses.
Je n'ai pas retrouvé le ton agressif que je déteste tant chez les féministes. Je n'ai pas retrouvé les revendications à tout prix, pour tout et n'importequoi. Je n'ai pas retrouvé cette vision "trop féministe" des choses à voir le mal partout, tout le temps, à voir de la domination masculine partout (coucou la barbe !). Parce que égalité des sexes okay, que la femme ait autant de droits que les hommes okay mais pas à tout prix, pas n'importe comment. Puis demander l'égalité pour l'égalité j'y peux rien, je ne trouve pas ça pertinent. Nous sommes deux entités différentes, les hommes et les femmes,  par définition nous ne pouvons réclamer une égalité parfaite. Cela ne signifie pas pour autant que l'une des deux entités doit prendre le pas sur l'autre. Voilà un peu ma vision du féminisme.

Et j'ai acheté le hors série Causette, et là c'est le drame. J'ai trouvé le ton plus agressif et le magazine en lui-même était moins intéressant, juste une compilation des innovations pour femmes WTF (le blanchiment de l'anus par exemple).





Je trouve que Causette au-delà de ces atouts non négligeables tend lui aussi à tomber dans certains travers. Déjà le slogan ne me plaît pas mais alors pas du tout : "Plus féminine du cerveau que du capiton!" Euh WTF ? Il y aurait un cerveau féminin ? Puis qu'est ce que ça veut dire ? Que toutes celles qui se préoccupent de leurs capitons ne sont que des filles stupides, superficielles ? Ils mettent en couv' des filles "normales", sans retouches et très peu maquillées, et j'avoue que ça fait du bien mais est ce que ça signifie qu'une fille ne peut pas à la fois se maquiller et lire des choses intelligentes ?
Depuis ma tendre jeunesse, je crois que c'est l'un de mes plus "grands" combats, dire que OUI on peut faire des études et prendre soin de soi. Que ce n'est pas parce qu'on passe 3h à regarder des blogs mode qu'on ne peut pas devenir magistrate (et inversement d'ailleurs on peut devenir coiffeuse en lisant Sartre). Bref, les femmes d'aujourd'hui sont multiples, plurielles, toutes différentes, généraliser et faire des magazines dits féminins finalement c'est ça qui est con que ce soit Grazia ou Causette. Parce que au final les articles dans Causette peuvent aussi intéresser les hommes et quel mec n'a jamais ouvert le "elle" de sa copine franchement ?

C'est ça qui m'ennuie, c'est que quoi que tu lises tu es forcément mise dans une case. Si tu lis Grazia tu es forcément amenée à devenir une quiche sans nom et sans capacité de réflexion. Si tu lis Causette, tu es une nana qui ne se maquille pas (bah non c'est réservé aux quiches le maquillage) et une féministe enragée. J'aime pas ce côté "revendication" de Causette, "nous on vous instruit", "nous on est plus intelligent que les autres magazines féminins", "avant vous lisiez des magazines opressants mais heureusement nous sommes là pour vous en affranchir".
Ces distinctions m'emmerdent. Dans tous les cas j'ai l'impression d'être prise pour une conne. Parce que je trouve que Causette au final avec sa volonté de nous affranchir et de nous dire d'arrêter de lire les Glamour & co nous prend aussi pour des connes. Je ne sais pas vous mais moi quand je lis Glamour ou Grazia, je ne prends pas au pied de la lettre ce qu'ils me racontent et je suis la première à trouver injuste que les femmes du magazine soient toutes des mannequins taille 34 et la première à trouver que leurs conseils pour faire des régimes sont cons, mais je le lis parce que j'aime la mode, j'aime voir ce qu'ils se passe dans la mode, j'aime en apprendre sur tout et n'importequoi même si l'info est futile. Il faut lire ces magazines avec du recul et ne pas croire que les filles du magazine sont le standard, la norme. La majorité des filles ont ce recul là je pense à l'heure actuelle et sous entendre - comme le fait Causette - que nous ne sommes que de pauvres nénettes complètement soumises à ces magazines sans capacité de réflexion, oui c'est nous prendre pour des connes. 

Une des couv les + WTF de Glamour.
"Je t'aime donc je fouine" SERIEUSEMENT ?
Et "Dernière mode : on retouche ses photos perso",
SERIEUSEMENT (X2) ?


Sans oublier qu'à l'heure actuelle il y a certaines choses qui restent des "passions" typiquement féminines. Je ne vais pas vous parler de cuisine ou de couture, on n'est plus en 1940 mais on peut prendre pour exemple le maquillage, le vernis, les robes, les jupes, les chaussures à talons ... Alors OUI je sais, il y a des couturiers qui ont sorti des jupes pour hommes et du maquillage pour hommes et après tout WHY NOT (même si personnellement je trouve ça TRES watzefeuk) mais à partir du moment où ces produits restent encore réservés aux femmes, ça ne me paraît pas totalement stupide que de faire des magazines dits "féminins" qui parlent de ça. Je ne dis pas que toutes les filles se maquillent et portent des jupes, je dis juste que les personnes dans le monde qui font ça sont des femmes.



Puis mettre en couv des filles filiformes c'est naze OKAY mais mettre en couv des filles non maquillées c'est tout aussi peu représentatif. OUI il y a des filles qui se maquillent tous les jours et d'autres pas du tout. Il faudrait un magazine qui traite beauté, qui traite d'actualité, qui traite de féminisme, de sport...etc, et qui mettent en couv une fille ultra lookée au mois de juin et une fille plus simple au mois de juillet pour VRAIMENT représenter TOUTES les femmes. Au final Causette est aussi peu représentatif de la femme que les autres, même si lui c'est sûr a le mérite de nous faire décomplexer. Même si du coup il engendre d'autres complexes. Après avoir lu les deux Causette, je me suis souvenue de tous les Glamour et Grazia que j'avais achetés au cours des 8 dernières années et je me suis dit que WAHOU je devrais être sacrément conne alors ... Causette nous culpabilise (un peu) d'acheter des magazines futiles et ça, ça me dérange.

 Si juste on arrêtait de faire des magazines dits "féminins" et si on appelait juste ça "magazine mode & beauté" "magazine d'actualités" ? Faire des magazines non pas en fonction d'un genre mais bien des centres d'intérêts ... Ouais ce serait chouette.

En attendant, je continuerais à acheter Grazia et Causette si ça me chante.

lundi 30 janvier 2012

Femmes, femmes, femmes ...

Quand j’avais 15 ans, j’ai fait un exposé sur le féminisme. Le MLF, ni pute-si soumise, la contraception… tout y était passé. A l’époque, je ne comprenais pas bien ce que la contraception et l’avortement venaient foutre là-dedans alors que pour moi le féminisme c’était avant tout prendre son indépendance par rapport aux hommes, se battre contre eux. Puis j’ai grandi et j’ai compris que le féminisme c’était aussi prendre son indépendance tout court. Récemment, j’ai lu « King-Kong Théorie » de Virginie Despentes. Je l’ai acheté comme tous les autres bouquins de Virginie Despentes que j’ai lus, c’est-à-dire par curiosité, parce que c’est trash, direct, incisif, contemporain. Je ne savais pas qu’il s’agissait d’un manifeste féministe.



Mon rapport au féminisme et aux féministes est ambigu. Je lis beaucoup de choses là-dessus, pour essayer de comprendre, de me faire une idée déterminée, franche, claire et précise mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas être contre leurs revendications pour la plupart. Oui c’est injuste que les femmes aient un salaire moins élevé. Oui le viol est trop souvent banalisé et on remet trop souvent en cause les victimes. Oui ce n’est parce qu’une fille se balade en mini-jupe que c’est une pute. Oui l’excision c’est dégueulasse. Les combats sont nombreux et souvent légitimes. Maintenant, je trouve aussi que les moyens employés, les façons de faire, les arguments sont souvent mauvais, (et je ne me base pas juste sur La Barbe pour dire ça) …
J’ai un peu de mal avec le côté revanchard des féministes. Puis pour certaines d’entre elles, dès qu’on ose se maquiller, porter les attributs de la féminité, qu’on n’a pas subi d’agressions sexuelles, on est tout de suite moins légitimes. Après, les mouvements sont divers et aucun ne se ressemble, les mettre tous dans le même sac serait injuste.

J’ai aimé dans ce livre sa réflexion sur la prostitution et la pornographie qui dérangeraient parce que justement on y voit des femmes « libres » et contrôler leur sexualité.
Paradoxalement, ce qui m’a le plus plu dans le livre, c’est les passages sur les hommes. Je trouve qu’au final les femmes ont plus de libertés que les hommes (je sens que je vais me faire lyncher pour ce genre de propos). Certes, on gagne moins qu’eux, on doit se battre plus dur parfois pour arriver à ce que l’on veut mais du haut de mes 22 ans il ne me semble pas avoir déjà été « remis à ma place » juste parce que je suis une femme, je fais des études, j’ai droit à la contraception sans que personne n’y trouve rien à redire, je peux payer le resto à mon copain sans que personne ne trouve ça choquant, j’ai été présidente d’association, j’ai mon compte en banque, je porte des jupes sans me faire traiter de pute. Tout cela n’est pas que le fait d’une génération mais aussi d’un milieu social on est bien d’accord. J’ai quand même l’impression d’être plus libre que les hommes. J’ai la liberté de porter des mini jupes, de devenir mère si ça me chante, d’avoir un congé pour les élever, de pleurer devant les films et de me blottir dans les bras de mon copain quand j’ai peur, de donner le sein et de devenir femme d’affaires, d’être sexy, mais de me balader aussi en jogging le dimanche, de boire la bière et de roter, d’aimer le vernis, les bijoux… Certes, tout ça n’est pas évident et on en demande beaucoup aux femmes. Mais les hommes ont cette image de la « virilité » collée aux basques : un homme ne pleure pas, un homme doit être autoritaire, un homme doit avoir des couilles, les hommes ne doivent pas être faibles, ne doit pas se maquiller, se coiffer. Tout cela est en train de changer mais c’est dur, même moi je suis la première à dire que je ne supporterai pas d’avoir un homme qui passe plus de temps que moi dans la salle de bain et je ne peux m’empêcher de traiter de tarlouze un homme qui reconnaît avoir mal, les métrosexuels, les mecs avec des chemises roses. C’est mal, c’est insultant envers les homosexuels et envers toute cette nouvelle génération d’hommes qui revendiquent leur coté femme, mais j’ai grandi comme ça.
Puis, dans le fond il y a une toute petite partie de moi qui ne peut s’empêcher de penser que « chacun doit rester à sa place », il ne s’agit pas ici de mettre la femme à la cuisine et l’homme au boulot, ce serait aller contre ce pourquoi je me lève tous les matins. Je ne peux juste pas m’empêcher de penser que les hommes et les femmes sont différents, que nous avons des différences et plutôt que d’essayer de les gommer, il faudrait peut-être les cultiver.

Je revendique également mon droit à être midinette quand bon me chante, sans qu’une horde de féministes me tombent dessus. Oui j’aime les vêtements, j’aime me maquiller, j’aime le vernis, les magazines féminins, j’aime blablater sur les hommes pendant des heures, j’aime les chaussures, j’aime les potins, les musiques de Britney Spears et Shakira  … Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de moins légitime à défendre mes droits et à faire de longues études ?
J’aimerai aussi qu’on arrête de voir de la domination masculine partout.
Bref, je mélange un peu tout, peut-être qu’un jour j’aurais un avis bien défini sur le féminisme et les féministes, en attendant merci Virginie Despentes de me faire réfléchir.
J’aurais pu m’arrêter sur chaque passage finalement, y réfléchir, la contredire mais j’ai préféré tout lire d’une traite et remarquer les passages avec lesquels j’étais d’accord pour une fois (et ils sont peu nombreux).




« Car la virilité traditionnelle est une entreprise aussi mutilatrice que l’enseignement à la féminité. Qu’est-ce ça exige au juste être un homme, un vrai ? Répression des émotions. Taire sa sensibilité. Avoir honte de sa délicatesse, de sa vulnérabilité. Quitter l’enfance brutalement et définitivement : les hommes-enfants n’ont pas bonne presse. Etre angoissé par la taille de sa bite. Savoir faire jouir les femmes sans qu’elles sachent ou veuillent indiquer la marche à suivre. Ne pas montrer sa faiblesse. Museler sa sensualité. S’habiller dans des couleurs ternes, porter toujours les mêmes chaussures pataudes, ne pas jouer avec ses cheveux, ne pas porter trop de bijoux, ni aucun maquillage. Devoir faire le premier pas, toujours. N’avoir aucune culture sexuelle pour améliorer son orgasme. Ne pas savoir demander d’aide. Devoir être courageux, même si on n’en a aucune envie. Valoriser la force quel que soit son caractère. Faire preuve d’agressivité. Avoir un accès restreint à la paternité. Réussir socialement pour se payer les meilleures femmes. Craindre son homosexualité, car un homme, un vrai, ne doit pas être pénétré. Ne pas jouer à la poupée quand on est petit, se contenter d’armes en plastiques supermoches. Ne pas trop prendre soin de son corps. Etre soumis à la brutalité des autres hommes sans se plaindre. Savoir se défendre, même si on est doux. Etre coupé de sa féminité, symétriquement aux femmes qui renoncent à leur virilité, non pas en fonction des besoins d’une situation ou d’un caractère, mais en fonction de ce que le corps collectif exige. »

mercredi 25 mai 2011

Lu dans "Courrier International".



Courrier International c'est un peu ma bible à moi, ma source d'information chérie, bénie, adorée. Maintenant 3 ans que je m'y suis abonnée et je ne m'en lasse toujours pas. Bien sûr il y a certains numéros que je ne prends même pas la peine d'ouvrir, de lire, par manque de temps, d'envie ... C'est comme tout, j'ai des périodes. Il se trouve que je me suis retrouvée à dévorer le dernier numéro, du 19 au 25 mai avec en couv' "L'affaire DSK", parce que je ne sais pas vous mais moi les medias traditionnelles qui nous ont gonflé avec son arrestation et ses moindres faits et gestes, ça m'a juste complètement saoulé, il me tardait de voir autre chose. 



Mon cher courrier international m'a pleinement satisfait sur le sujet avec un article de Die Welt qui vient dire en gros que nous refusons toute vie sexuelle à nos puissants, propos que je viendrais nuancer étant donné qu'il me semble qu'en France nous sommes beaucoup plus tolérants à l'égard de la vie sexuelle de nos hommes politiques que dans d'autres pays comme les Etats Unis. Nous avons aisément pardonner le divorce de Nicolas, la fille de Mitterrand et les révélations sur ce cher Jacques ("20 minutes douche comprise") alors qu'une petite gâterie de Monica Lewinsky à Bill Clinton a faillit provoquer la démission du président. Un extrait d'un quotidien du Burkina Faso qui m'a fait sourire, le journaliste avance que DSK aurait été marabouté ... Puis plein d'extraits de journaux espagnols, américains, algériens, portugais, libanais, suédois ... Un article bien évidemment sur l'avenir du FMI : qui sera le nouveau président ? Un article pour dire que les pays émergents ne se laisseront pas faire et ne laisseront pas les américains et les européens se concerter pour mettre un européen à la tête du Fonds comme ils en ont l'habitude. Mais au fait qui désigne le président et comment ? 
Puis évidemment la Grèce qui se retrouve dans une merde profonde suite à cette affaire, DSK étant le seul à véritablement les défendre, l’Allemagne souhaitant clairement les enfoncer et la France qui semblait encore vouloir les sauver va rentrer dans une période pré-électorale et en gros n’en aura plus rien à foutre de ce qui peut bien se passer en Grèce. Il y a les pays émergents aussi qui en profitent pour se rebeller un peu contre le système en disant que l’indulgence du FMI pour la Grèce, le Portugal et tous les pays européens qui sont dans la mouise financièrement parlant n’est pas « normale » au vu des conditions draconiennes qui leur sont appliquées à eux quant à leur prêt et à leur remboursement. Et puis un article de journalistes anglais qui ne sont franchement pas sympas avec les journalistes français en disant que la carrière de DSK en Angleterre n’aurait pas été possible, la presse anglaise aurait révélé il y a bien longtemps le frasques de l’homme… J’ai envie de dire : heureusement qu’on ne connaît pas tout de la vie privée de nos dirigeants, nous n’avons pas à tout connaître et personnellement je m’en contre fous de savoir ce que fait Sarkozy quand il est avec Carla – ou pas d’ailleurs. Mais encore une fois, c’est une vision de la presse, de la politique, bien française. C’est ce qui a permis à Mitterrand de cacher sa fille pendant de nombreuses années, avec la complicité de certains journalistes parfaitement au courant. Je crois sincèrement que toute vérité n’est pas bonne à dire, pas bonne à savoir. Maintenant c’est sur, là on parle de viol, c’est encore différent mais comme disent certains, il y a un monde entre « violer une nana » et être coureur de jupons… Mais laissons la justice faire son chemin. N’empêche une question me taraude franchement : comment fait-on la différence entre un rapport sexuel consenti et non consenti ? Oui ça me perturbe. Dernière chose aussi sur le sujet, je trouve ça quand même dingue, ce mec était tellement aimé des français, ils avaient tous une telle confiance en lui et le voyaient tous comme le futur président que peu de gens croient finalement qu’il a réellement violé cette nana, beaucoup croient à la théorie du complot …


Pour changer complètement de sujet, il y a deux articles sur Cannes, Cannes comme LE grand festival du monde, le seul qui aurait une influence sur la fréquentation des salles de cinéma, le seul qui saurait mêler « cinéma intello » et « film paillettes » comme Pirate des Caraïbes, un véritable marché du film … Cannes et son histoire d’amour avec Hollywood. Mouais, moi cette année le festival ne m’a fait ni chaud, ni froid. Peut-être parce que oui je trouve tout cela un peu indécent dans le fond, cet étalage de paillettes, de glamour, de luxe, de fêtes… Oui c’est moi qui dit ça, non je n’ai pas de fièvre. A croire que même ça, ça ne me fait plus rêver.

Puis un article allemand sur la possibilité de voter dès 16 ans dans certains Land. Hum, hum, suis sceptique. Cela part « d’études » qui disent qu’en gros les jeunes de 16 ans s’intéressent plus à la politique que ceux de 23 ans.  Ce n’est sans doute pas faux. Mon histoire le prouve. A 16 ans, j’étais plutôt engagée, intéressée, du genre à suivre l’actualité politique. Ceux qui me connaissent de l’époque savent à quel point aussi j’étais intolérante quant à certaines idées, j’étais à gauche et tous les mecs de droite étaient des conards finis. A 18 ans, j’étais à fond pour Ségolène … puis j’ai déchanté. J’ai toujours haït N.Sarkozy, ce n’est pas nouveau et je ne m’en cache pas, et si c’est possible je le déteste encore plus aujourd’hui mais disons qu’il n’y a personne que j’aime franchement aussi… Aucun parti, aucune personnalité politique ne trouve grâce à mes yeux à l’heure actuelle. Je trouve le monde de la politique de plus en plus moche, tous avide de pouvoir, complètement coupé de la réalité… C’est comme l’amour ou le festival de Cannes, je suis un peu blasée par tout ça et du coup je m’y désintéresse. C’est mal, je sais. Parce que dans le fond, je sais que ce n’est pas en restant tranquillement chez moi, en critiquant nos élites du haut de mon petit blog que les choses bougeront mais j’avoue que je reste perplexe quant aux moyens pour faire bouger les choses … Bref, revenons à nos moutons (ce n’est pas que ma vie n’est pas passionnante hein on est d’accord), le vote à 16 ans. Tout ça pour dire que je pense qu’en effet à 16 ans on est plus « passionné » par tout ça, on a des rêves, on veut y croire, mais on manque aussi cruellement de recul (je ne dis pas que du haut de mes 22 ans j’ai plus de recul) et d’expérience. Alors certes vous allez me dire : qu’est ce que ça change 18 ou 16 ans ? Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres pays mais je sais que moi à 18 ans, j’ai eu mon bac, j’ai eu la possibilité de voter, je suis rentrée à la fac et ça a été autre chose, le début de quelque chose d’autre, on sent qu’on est en train de changer et le droit de vote fait parti de tout ça. Tout ça fait un peu bisounours mais vous l’aurez compris, je ne suis pas pour le droit de vote à 16 ans.

La sortie du nucléaire de l’Allemagne dès 2021 ? LOL. Devinez à qui ils continueront d’acheter du nucléaire … !

La campagne présidentielle au Pérou, on est d’accord je ne connais absolument rien à la vie politique et institutionnelle péruvienne, juste que l’une des nanas qui se présente Keiko Fujimori est la descendante de l’ex dictateur Alberto Fujimori au pouvoir de 1990 à 2000 condamné à 25 ans de prison pour violation des droits de l’homme. Alors même si elle, elle condamne violemment son père etc, je me suis demandée si ce genre de choses serait possible en France. Ce n’est pas franchement comparable mais est ce que le fils ou la fille de Pétain aurait pu se présenter à la présidentielle ? Mouais … pas franchement convaincue. Soit c’est eux qui sont super tolérants, soit c’est moi qui suis très conservatrice. Si c’est la deuxième hypothèse, je me fais peur.

Un long, long article passionnant sur Bradley Manning, un militaire hacker qui aurait balancé des infos à Wikileaks, actuellement détenu dans une prison américaine. Le parcours de ce mec un chouilla névrosé, obsédé par l’idée que l’information doit être libre, fragile émotionnellement parlant, avec un parcours familial difficile, en proie à des crises de paranoïa est franchement super intéressant à lire, même si dans le fond on ne comprend pas bien ce qui l’a amené à révéler les secrets les plus gardés des Etats Unis concernant les guerres en Irak et en Afghanistan.





Plusieurs articles sur la suite des révolutions en Egypte et en Algérie où les extrémistes tentent de prendre un peu de pouvoir. Assez flippant à lire.

Un article qui m’a fait mourir de rire : Keynes et Hayek à la sauce hip-hop. L’idée ? Mettre en scène ces deux théoriciens de l’économie dans une video hip hop façon battle. Apparemment il y aurait deux videos : la première « Fear the Boom and Bust » (craignez l’essor de la chute) qui est une introduction, elle reprend les théories de ces deux messieurs « en général » et une deuxième « Fight of the century : Keynes vs Hayek Round two »  qui parle plus du débat actuel sur l’économie et des solutions apportées par les deux hommes. Petite piqûre de rappel pour ceux qui auraient zappé : Hayek à grand libéral opposé à toutes formes d’intervention de l’Etat. Keynes à interventionniste, les dépenses de l’Etat alimentent la croissance. Apparemment, les vidéos sont reprise dans de nombreux lycées et universités pour leur faire comprendre les théories de ces deux messieurs. Je ne sais pas vous mais moi je suis FAN !






J’ai appris aussi que le cadavre de Ben Laden avait été jeté à la mer et que c’était la façon la plus écolo de se faire « enterrer » !

Puis un long article d’un journaliste allemand qui a pris le train Moscou-Nice soit 3300 km en 50 heures, ça doit juste être génial… Possible de réserver à la SNCF, le prix varie de 306 euros à 1200 euros selon le confort choisi. Ca m’a donné envie de repartir en Interrail tout ça moi… 


Bref, la bonne parole du jour c'était aussi : Lisez Courrier International ! Bon, ce n'est pas tout ça, mais il fait beau dehors et je dois encore choisir comment je vais m'habiller (oui c'était trop de choses intelligentes d'un coup là). 

mardi 26 avril 2011

En ce moment, je retombe dans mes travers... Je commence un livre et je suis bien incapable de le finir. Le seul que j'ai réussi à finir dernièrement c'est "Mauvaise fille" de Justine Lévy. Un livre que je qualifierai de bourgeois. Comme l'ensemble de son oeuvre. Cette nana écrit quand même des livres qui parlent d'elle, de sa vie, de ses souffrances, avec un style très "bourgeois", elle n'est pas la fille de BHL pour rien dirons-nous. Ca doit être mon coté bobo-gaucho qui s'exprime mais moi je me suis attachée à son style. Déjà Rien de Grave m'avait séduit pour des dizaines de raisons, sans doute plus mauvaise les unes que les autres, mais tant pis parfois on aime et ça ne s'explique pas. Je crois que j'aime ces livres pour la même raison que j'aime les films français (enfin certains films français), parce qu'elle décrit les sentiments humains avec justesse. C'est bourgeois parce que tout ce qu'elle vit, tout ce qu'elle ressent, tout ces problèmes, sa dépression, la rupture avec l'amour de sa vie depuis 12 ans, sa nouvelle histoire, tout ça ce sont des prises de tête bourgeoises, quand on a le matériel, on peut se préoccuper toute la journée du reste ... 



Bref dans "Mauvaise Fille", elle nous décrit sa mère, son cancer, la regarder partir, la regarder souffrir, puis elle, qui est enceinte, qui vit, la vie qui reprend ses droits, cette salope ... Evidemment, on ne peut s'empêcher de penser à sa petite personne. 

Bref.

mercredi 2 mars 2011

Parlons livres.

J'avais commencé L'Attrape-Coeurs de Salinger, parce que je me suis dit, c'est un classique il faut le lire, comme beaucoup d'autres choses. Puis l'histoire avait l'air intéressante après tout, un adolescent qui s'accorde deux jours et deux nuits d'errance à NY. 
Mouais. Je n'ai pas réussi à le finir. J'ai trouvé ça "plat" et le style est particulier, un ton familier, injurieux. Sorti en 1951, à l'époque ça a du choquer. Maintenant, c'est triste à dire mais ça ne me fait plus rien. Après avoir regardé sur Internet quelques analyses du livre, ce serait le symbole du passage à l'age adulte, de la peur de grandir. Mouais sans doute. Parfois, je me dis que je devrais me mettre à lire en anglais, pour de vrai. Parce que je deviens une vraie puriste des films  en VOSTF, pour moi la VF ne rend pas toute l'intensité du jeu d'acteur et surtout gâche tout le plaisir des accents, de l'humour particulier. Surtout que parfois, en traduisant certains en profitent pour censurer. Je me dis qu'en fin de compte pour les livres ce doit être pareil non ? Mais mon anglais est loin d'être assez bon pour lire en anglais ... Dommage. Ce livre est un mystère car apparemment il est devenu le roman préféré de certains tueurs en séries (hum) dont le célèbre Mark David Chapman, celui qui a assassiné John Lennon, il avait dans sa poche un exemplaire de L'Attrape-Coeurs ... Tout cela pour dire que j'ai été incapable de continuer ce livre, peut-être fait-il parti de ceux que je reprendrai dans quelques années avec plaisir ? Peut-être suis-je trop jeune ? A voir. 



Du coup, je me suis dit que j'allais lire une valeur sûre. Le Gône du Chaaba d'Azouz Begag. Je me rappelle que mon prof de français au collège nous avait montré le film je ne sais plus trop pourquoi. Ce livre surprend, bouleverse, plaît, fait rire et jamais ne nous fait tomber dans la pitié. C'est un petit garçon qui finalement est heureux dans son bidonville, est heureux dans sa vie, qui ne se rend pas réellement compte de sa condition, tout ce qu'il veut c'est être "comme les français", du moins à l'école. Quand enfin il devient un bon élève, ses copains du bidonville le rejettent "tu n'es pas un arabe" et les "français" ne l'acceptent pas totalement non plus. Un petit garçon perdu entre deux mondes qui essaient de s'y retrouver. On s'attache, on le suit dans ces bêtises. Une jolie leçon de vie au final.



Sinon je dois toujours vous parler d' Un Roman Français de Beigbeder... 

dimanche 23 janvier 2011

Rien de Grave.

Il fallait que je vous en parle de ce livre. Non seulement parce que c'est véritablement un petit bijou mais aussi parce qu’il m’a complètement bouleversé. Comme beaucoup des livres que je lis, celui-ci a une histoire. Ce livre, je le connais depuis longtemps, une amie à moi l’avait lu alors que nous étions toutes jeunes, ça lui a plu, c’est sans doute pour ça que je ne l’ai pas lu tout de suite. Je n’aime pas lire un livre sous l’influence de quelqu’un d’autre, j’aime prendre le temps de le découvrir par moi-même. De toutes façons, il y a des livres qu’on ne peut pas lire avant un certain âge sous peine de ne rien comprendre et de ne voir que le moche, je pense notamment à Lolita de Nabokov, si je l’avais lu 5 ans avant mon dieu, je serai totalement passée à coté. Bref, revenons à Rien de Grave. De temps en temps, j’ai des folies livres, je vais à la FNAC et j’en achète 4 ou 5, toujours des poches. Rien de Grave a fait parti d’une de ces folies, 6 mois qu’il était dans ma chambre, alors quand j’ai fini Un Roman Français de Beigbeder (je vous en reparlerai plus tard) je m’y suis mis, entre deux révisions. Ce livre m’intriguait aussi pour le coté « polémique », le coté « people » de la chose. Oui c’est mal mais replaçons le contexte. Justine Lévy (oui oui la fille de BHL) parle dans ce livre de sa rupture avec Raphaël Eindhoven, fils de Jean Paul Eindhoven. Jusque là rien de bine compliqué, là où ça se corse c’est quand on sait que Eindhoven l’a quitté pour se mettre avec la copine de son père qui était Carla Bruni. Donc, dans ce livre, elle parle évidemment de Carla Bruni (aucun nom réel n’est cité bien entendu) et je voulais voir à quel point elle se défoulait contre elle, vu tout l’amour que je porte à notre première dame de France.
Mais quelle ne fut pas ma déception, bien entendu qu’elle parle de Carla, bien entendu qu’elle en dit du mal mais elle parle de tellement d’autres choses, avec une justesse terrible. Le cancer de sa mère, son père, l’amour de sa vie ce fameux Raphaël, sa dépression à elle, sa grand-mère … Tout en vrac, parfois on s’y perd en retour en arrière, on ne sait plus vraiment situer quand l’action se passe mais dans le fond on s’en fout terriblement. Elle raconte comment elle tombe, elle tombe, elle tombe, puis se relève, se relève de tout, parce qu’on se relève toujours de tout, finalement. Une très belle leçon de vie. Un petit chef d’œuvre.



Autres livres d’elle :
-         Le rendez-vous. Que j’ai lu. On me l’a offert, je l’ai lu très rapidement. Il traite des rapports entre une mère et sa fille. Dérangeant.
-         Mauvaise fille. Le dernier d’elle, sorti en 2009. J’ai hâte de le lire. 

lundi 29 novembre 2010

Marie Antoinette et Cie.

Marie Antoinette d’Antonia Fraser.



     Comme beaucoup de mes lectures, ce livre a une histoire. 650 pages. J’avais commencé à le lire il y a quelques années mais j’ai du abandonner au bout de 200 pages, c’est une biographie et c’est long les biographies. Je m’y suis remise en revenant de vacances cet été et je l’ai fini là mi-novembre (oui oui 2 mois et demi pour lire un livre, ça va, ça va hein …). En fin de compte, c’était assez facile à lire, c’est rempli de détails, d’anecdotes et quand je fermais les yeux, je pouvais aisément m’imaginer au XVIIIème siècle entourée d’Antoinette et de sa cour. C’est un délice de s’endormir en se sentant « princesse », en s’imaginant dans ses belles robes. Avoir de nouveau 5 ans et s’imaginer dans de grandes et belles robes, que demander de plus ? Concernant la vérité historique, je ne peux rien en dire, c’est la seule biographie que j’ai lu d’elle et mes connaissances sur Marie Antoinette s’arrêtent au film de Sofia Coppola. Je pense d’ailleurs que je vais incessamment sous peu m’atteler à la biographie de Stefan Zweig. Marie Antoinette est un personnage fascinant. Je crois que je vais d’ailleurs me mettre de plus en plus aux biographies, c’est … passionnant. Lire cette biographie c’était un peu comme mieux connaître cette époque, ces enjeux, ces personnages importants. J’ai un peu renoué avec ma passion secrète de l’histoire (oui oui très secrète je vous l’accorde).

Portrait d'Elisabeth Vigée-Lebrun

Marie Antoinette est souvent décrite comme une personne frivole, légère, dépensière, aimant la mode, passant son temps à s’amuser sur les deniers publics … Ici, Antonia Fraser sans démentir ces traits de sa personnalité la décrit également comme une victime. Dernière archiduchesse de l’empereur d’Allemagne François Ier et de la célèbre Marie-Thérèse, alors que ses sœurs sont toutes destinées à un Prince de sang, à devenir reine d’ici ou d’ailleurs, elle ne deviendra Dauphine de France (puis Reine) que suite à la mort de sa sœur ainée qui était alors destinée au petit Louis. Marie Antoinette n’aura pas eu l’éducation nécessaire pour devenir reine de France et le paiera cher … Instrument politique pour sa mère, elle sera tout de suite déconsidérée en France, appelée « l’Autrichienne », jamais tout à fait française, mais plus vraiment autrichienne … Finalement, c’est une biographie très « féministe » dans le sens où Antonia Fraser nous montre le destin des femmes de cette époque, simple objet, simple victime de ce que leur famille avait prévu pour elles – et ce bien avant leur naissance. Je ne sais pas si tous les historiens ont une image aussi indulgente du personnage mais c’était vraiment très instructif du début à la fin.

Tableau de Marie Antoinette avec ses enfants de Elisabeth Vigée-Lebrun.


Paradoxalement, mes passages préférés sont ceux du début, son enfance, sa jeunesse, son mariage, le début de sa vie en France avec le dauphin, ses difficultés à « procréer », une jeune Marie Antoinette, une adorable et touchante Marie Antoinette. Les moments les plus noirs, les plus tristes, quand ils fuient Versailles contraints et forcés sont moins intéressants, plus lents… Ca redevient intéressant dans les toutes dernières pages, son procès, sa dignité, l’humiliation, tellement habituée aux fastes de la cour pendant toute sa vie.
Bref, vous n’avez pas fini d’entendre parler de Marie Antoinette par ici.

Sinon, quant au film de Sofia Coppola, qui s’est inspirée de ce livre, je l’ai revu pendant que je lisais le livre et j’aime toujours autant le film même si ça ne colle pas vraiment à la réalité. J’aime le coté « rock » que Sofia Coppola lui a donné, j’aime la musique décalée, j’aime l’abondance de bouffes, de fringues … Belle retranscription de Sofia Coppola.

Image tirée du film de Sofia Coppola.